
Mémoires Tissées
Projet de résidence à la Casa de Velázquez, du 15 janvier au 31 mars 2024, à Madrid, en collaboration avec les artisans espagnols de vannerie d’esparto Ubedies et Balikypopoy
Laure Julien entremêle le végétal, le métal ou le cuir pour créer des formes qui toutes dessinent des courbes dans l’espace et définissent elles-mêmes des espaces, intimes ou invitant à une chorégraphie partagée.
Fondé sur la fluidité, son travail entre design et sculpture est d’une grande légèreté mais trace des lignes de force qui viennent fendre l’air.
Elle récolte des matériaux bruts, de la fibre de bambou dont elle découvre la puissance et les potentialités au long de son apprentissage de la vannerie auprès de maîtres japonais, à l’esparto, apprivoisé dans l’heureux compa- gnonnage d’artisans d’art en Espagne. Dans le respect de gestes mémoriels, sa main les tisse en imprimant le temps du faire, un souffle singulier et son énergie tourbillonnante comme sa minutie.
Ainsi les fines lamelles de bambou assemblées en chaîne et trame, alliant souplesse et rigidité, deviennent-elles structure, autour de laquelle se déploient des écheveaux de joncs rejouant leurs oscillations au vent.
Laure Julien s’attache aux mouvements de la nature et particulièrement des corps, de la cape du torero aux ob- jets du quotidien que l’on manipule et anime à son tour.
Ainsi crée-t-elle des objets-paysages, des parures ou vê- tements à la fois mobiles et sculpturaux, qui toujours in- vitent à rejoindre leur danse, sauvage autant que délicate.
Text de Aurélie Barnier, curatrice et critique d'art, membre de l'AICA, 2024













Making process with the artisans
Credits
| Text | Aurélie Barnier |